|
|
11-SEPTEMBRE :
LE GRAND BLUFF ?

Sacha SHER
11-SEPTEMBRE :
LE
GRAND BLUFF ?
Sacha
SHER
11-SEPTEMBRE :
LE
GRAND BLUFF ?
Sacha
SHER
. : neplusfairefausseroute[chez]yahoo.fr
~~~~
« Le prix de la liberté est une
vigilance éternelle »
Thomas Jefferson.
***
« Etre
patriote n’est pas être aveugle ».
Badge
patriotique américain.
***
« Patriotisme n. matériau combustible susceptible de
servir de torche à quiconque ambitionne d’illuminer son nom (...) Le patriotisme
est le [premier] recours du scélérat ».
Ambrose
Bierce, écrivain états-unien,
Le dictionnaire du Diable (1911),
Rivages poche/bibliothèque étrangère, p.207.
***
« Nous allons trouver qui a fait çà
et allons leur botter le cul ».
Paroles prononcées
le 11 septembre 2001 à 10h32 par Georges W. Bush, vainqueur à la déloyale des sélections
présidentielles de l’an 2000, (Washington
Post , 26 janvier 2002, « America’s Chaotic Road to War »).
***
« On va lui foutre
une fessée ! ».
Georges H.
Bush (père) à propos de Saddam Hussein, (Lloyd de
Mause, « La Guerre du Golfe, une maladie mentale »)
***
« La révélation d’une conspiration
pourrait, plutôt que de détourner l’attention des problèmes structuraux d’une
société, attirer l’attention vers elles. Par exemple, s’il devenait évident que
nos dirigeants politiques nationaux ont causé ou au moins ont permis les
attaques du 11/9 et qu’ils l’ont fait en partie parce qu’ils avaient incarné
profondément des valeurs partout présentes dans notre société, nous pourrions
décider qu’il serait temps d’opérer une vaste réorientation de notre
société ».
David Ray Griffin, The New Pearl Harbor, March 2004, p.171.
~~~~
SOMMAIRE
INTRODUCTION......................................................................................... 13
Remarques sur le titre.................................................................................. 13
Quelques mots sur l’auteur........................................................................... 13
Il y a eu conspiration, mais de la part de qui ?................................................ 14
L’état du débat médiatique en France et aux Etats-Unis................................. 19
Pourquoi s’intéresser au 11 septembre ?....................................................... 23
PREMIÈRE PARTIE
L’EXPLICATION BEN
LADEN.
QUELLES SONT LES
PREUVES ?
Chapitre I
Des fondamentalistes invisibles ou
trop visibles
Pas de revendication
pendant trois ans............................................... 37
Un témoignage
manipulé : Les cerveaux du terrorisme....................... 43
Des suspects absents
des listes de passagers mais identifiés très rapidement. 47
Une liste de suspects
non corrigée...................................................... 47
Pourquoi être venus se
former aux Etats-Unis ?................................ 51
Des faits et gestes par
trop voyants voir carrément louches.............. 52
Des images de caméras
de surveillance qui posent plus de questions qu’elles n’en résolvent. 55
Des employés d’aéroport
qui ne se souviennent de rien.................... 57
Des traces retrouvées
miraculeusement ou laissées bien en évidence. 57
Comment les cockpits
ont-ils pu être si soudainement et discrètement pris d’assaut ? 60
Aucun pilote ne donne l’alerte.............................................................. 62
Divergence sur les
armes utilisées : cutters, bombes lacrymogènes, pistolets ou bombes ? 64
S’il y eut des pirates,
quel était leur but ?........................................... 65
Les étrangetés des
nombreux appels passés depuis les avions......... 67
Dans quelles conditions est-il
possible de téléphoner en avion ?....... 67
Problème du hasard que des appels
aient été brefs sans être interrompus au milieu d’une phrase. 68
Problème des motivations de l’auteur
de l’appel................................ 68
Problème de la durée anormalement
longue de certains appels......... 69
Conclusion du chapitre
I...................................................................... 74
Chapitre II
Des armes de destruction disparues.
Quatre avions
civils se seraient écrasés. Comment les a-t-on identifiés ? 77
— Des boîtes noires disparues ou inutilisables........................................ 77
— Les débris. Ostensibles à New York. De provenance
suspecte au Pentagone, et invisibles en Pennsylvanie. Mais où sont donc passés
les moteurs de l’avion du Pentagone ?......................... 79
— Des images d’avion manquantes, floues, et comportant
des détails intrigants. 81
— Les empreintes laissées par les avions.............................................. 85
— Le numéro d’enregistrement du vol AA 77 n’est pas
connu pour avoir déjà transporté des passagers. 89
— Deux vols absents des archives aériennes......................................... 90
— Des listes de passagers publiées avec retard et
comportant des incohérences. 92
Relativité des
témoignages.................................................................. 94
— Les perceptions du premier « avion » à
avoir frappé New York......... 94
— Les perceptions de l’engin qui aurait frappé le
Pentagone.................. 95
Conclusion de la première partie........................................................... 97
DEUXIÈME PARTIE
UN VASTE CONCOURS DE
CIRCONSTANCES FUNESTES ?
Chapitre III
Les F15/F16 poussifs et les Boeing
inaperçus
Des Boeing rendus plus
difficilement repérables pour les tours de contrôle ? 101
Pourquoi des trajectoires d’avion si
alambiquées et donc risquées ? 104
Des jets militaires
exceptionnellement en retard ou restés au sol... 107
Des hauts responsables
injoignables ou absents de leur poste au moment crucial. 113
Un retard facilité par
le déroulement concomitant d’exercices ?..... 115
Un secret assuré par la
nomination de complices ?........................... 118
Des Boeing précis comme des Falcon............................................... 119
L’inefficacité des
autres moyens de défense..................................... 120
Chapitre IV
Des explosions secondaires très
nombreuses
Une explosion secondaire de forte
ampleur au Pentagone............... 123
Les explosions à
répétition au World Trade Center......................... 128
Explosions
retentissantes après les effondrements.......................... 131
Chapitre V
Comment trois tours modernes
furent-elles transformées en ruines ?
Les diverses
explications de l’effondrement quasi-symétrique et rapide des tours jumelles. 133
Que valent les explications courantes ?................................................ 133
Que valent les explications conspirationnistes ?.................................... 136
Une réaction aluminium
fondu et eau ?.............................................. 139
Pourquoi diable la tour
numéro 7 s’est-elle effondrée?.................... 140
Des traces chimiques
d’explosifs ?.................................................... 143
Chapitre VI
Des victimes sans importance et des
destructions économiquement supportables
— La partie du Pentagone qui fut touchée était en
travaux................... 145
— Des bureaux du World Trade Center n’abritant pas de
hauts responsables. 145
— Les propriétaires du WTC pouvaient s’attendre à être
amplement remboursés. 146
— Quelques spéculateurs avisés se sont enrichis................................. 146
Conclusion de la deuxième partie........................................................ 147
TROISIÈME PARTIE
VERS UNE ENQUÊTE COMPLÈTE
Chapitre VII
Qui savait quoi ?
Un scénario tout à fait
prévisible........................................................ 151
Des simulations
d’attaques avant le 11 septembre........................... 153
Qui a pu répandre des
rumeurs d’attentat dans la communauté arabe ? 153
A quel moment des
bombes auraient-elles pu être placées dans les tours ? 154
Les précautions prises
à l’avance par certains hauts responsables.. 155
Les étonnants
pressentiments du n°1 du Pentagone........................ 155
Des menaces sans
lendemain venues de l’intérieur du gouvernement. 156
— menaces à la Maison Blanche et au Département
d’Etat................. 156
— menace contre l’avion du Président : coup tordu
ou exercice ?......... 156
Qui a informé les
employés des sociétés israéliennes Odigo et Zim Navigational ? 157
Des dirigeants
verrouillant tout pour ne pas être critiqués.............. 159
M. Bush fut-il mis en
situation de passivité ?.................................... 159
Trois groupes de
fonctionnaires informés à des degrés divers ?..... 161
Chapitre VIII
Lever le secret
Documents à rendre publics............................................................... 167
Prêter une oreille
attentive aux questions des familles de victimes. 167
Retrouver les donneurs
d’ordre de disparition des preuves et de témoignages, et savoir pour qui ils
ont agi.............................................................................................................. 168
Faits troublants à
éclaircir sur l’identité des acteurs en présence... 169
Faits troublants à
éclaircir sur les appareils et leur trajectoire......... 173
Faits troublants à
éclaircir quant à la réaction des responsables aériens. 178
Les mystères de
Cleveland................................................................ 180
Faits troublants à
éclaircir quant au sort des passagers.................... 186
Quelles pistes
envisager ?................................................................. 186
CONCLUSION........................................................................................... 191
LEXIQUE.................................................................................................... 196
CHRONOLOGIE........................................................................................ 197
BIBLIOGRAPHIE...................................................................................... 198
Ouvrages édités......................................................................................... 198
Sites internet.............................................................................................. 199
INDEX......................................................................................................... 202
La question revient sans arrêt de savoir s’il y a eu tromperie de la part du gouvernement états-unien sur l’identité des criminels et sûr la réalité de l’enchaînement des événements. C’est ce que nous avons voulu sous-entendre par le mot bluff, qui porte le sens de tromperie et de poudre aux yeux et dont l’origine est anglo-américaine.
Par ailleurs, puisque les dirigeants de l’hyperpuissance nord-américaine se montrent toujours aussi dominateurs après le 11-septembre, et que cet événement est devenu un récit fortifiant destiné à rehausser l’image du drapeau étoilé, l’acception de bluff en tant qu’esbroufe et que vantardise semble également pouvoir être retenue.
Mais surtout, puisqu’un bluff est une parole ou un acte prémédité, la question est de savoir si le 11-septembre n’est pas, à la fois une manœuvre rhétorique utilisée à tour de bras et une manipulation planifiée depuis le début dans le but, notamment, de justifier le déploiement de forces militaires importantes au service d’objectifs méprisables.
L’auteur, modeste historien, n’a aucun projet ou préjugé politique, religieux ou ethnique. Il n’est pas agent de la D.G.S.E., de la C.I.A., du Mossad, du F.S.B., de la Chine ou de l’Europe. Il ne défend aucun empire ni aucune instance internationale censée nous sauver des Etats-Unis. Il juge certes l’administration américaine actuelle criminelle, mais ne soutient pas les grands mouvements d’opposition à M. Bush, n’a que méfiance pour la faconde des démocrates ex-avocats ou procureurs John Kerry et John Edwards, ne sait presque rien du fils de bonne famille Ralph Nader, et se demande si le keynésien Lyndon Larouche projette uniquement de protéger la constitution des Etats-Unis. Ce n’est donc pas demain que l’auteur sera invité à dîner par les gens de la haute. Ni par les gens de Bobigny, qu’on l’accusera de vouloir désespérer, puisqu’il remet en question la puissance de l’organisation d’Oussama Ben Laden. L’auteur n’est ni guidé par une sensibilité juive qui verrait en Georges Bush un digne héritier spirituel et financier des nazis, dont il aurait utilisé les méthodes pour battre Al Gore et perpétrer son propre équivalent de l’incendie du Reichstag, ni n’est mû par une islamophobie qui le porterait à croire qu’Oussama Ben Laden ait tout coordonné depuis ses caves d’Afghanistan, sans téléphone satellite, et en dépit de la « limitation de ses activités » par les taliban sur ordre des services pakistanais en 1998 [1]. Et il n’imagine pas non plus, par exécration du lobby sioniste, que le « prince des ténèbres » Richard Perle et que le n°2 du Pentagone, « l’éminence grise » des néo-conservateurs Paul Wolfowitz, aient été capables à eux seuls de paralyser la défense aérienne nord-américaine depuis la résidence secondaire du premier en France (pour peu qu’il s’y trouvait alors accompagné du second, absent des bureaux du Pentagone le 11 septembre).
L’explication officielle du 11-septembre le laisse simplement insatisfait. Et d’autres hypothèses lui paraissent également peu fondées. Il estime donc intéressant d’examiner la validité des diverses thèses en présence en procédant à une reconstitution élémentaire des faits. Une démarche de ce type est à ses yeux d’autant plus urgente et vitale que la version officielle sert de distraction voire d’absolution morale à des irresponsables qui ignorent le droit international et détournent la notion de guerre préventive pour renverser des gouvernements qui ont le mauvais goût de leur déplaire ou pour conquérir sans scrupules des pays qui ont le malheur d’apparaître comme d’importantes sources de profits, et ce grâce à l’impunité conférée par l’action anesthésiante de leurs vils courtisans et de ceux qui prennent pour argent comptant ou qui revendent toute information sur un danger terroriste islamiste planétaire.
Le mardi 11 septembre 2001, un crime aux conséquences retentissantes s’est produit aux Etats-Unis d’Amérique. Sa réalité est bien attestée, même si le nombre de victimes ne manquera pas d’être discuté à l’avenir puisqu’il a déjà été revu successivement à la baisse une fois que furent décelées des déclarations frauduleuses de familles intéressées par les compensations offertes : de 6886 morts au départ, le nombre descendit à 3031 victimes dont 2807 à New York en août 2002 [2], puis à 2792 à New York entre décembre 2002 et octobre 2003, et enfin à 2749 à New York selon des déclarations tranchées de l’experte médicale Ellen Borakove au mois de janvier 2004. L’examen des façons dont ce crime a été rendu possible et des traces qu’il a laissées nous oblige à penser qu’il a été prémédité par une association de malfaiteurs. Il y a donc eu ce que les Nord-Américains appellent une « conspiration » (conspiracy).
Mais comment les armes du crime ont-elles été expertisées ? Et qui en étaient les instigateurs ou les commanditaires ? Plusieurs interprétations ayant été données, quelle est celle qui réclame le moins de crédulité ? Comment distinguer les tentatives de compréhension fondées sur un sincère désir de vérification, des contes fantaisistes, des propagandes servant à attiser la haine, des torrents d’écrits opportunistes, et des opinions d’hommes influencés par les milieux du renseignement liés aux intérêts pétroliers de leur pays – Andreas Von Bülow pour l’Allemagne, Hameed Gul pour le Pakistan, et Jean-Charles Brisard et Thierry Meyssan pour la France et Total-Fina-Elf, une société sur laquelle le Réseau Voltaire se montre peu incisif ?
Trois années après les événements fatidiques, il est peut-être temps de faire un bilan, une manière d’œuvre parahistorique puisque de nombreuses archives sont encore fermées. Il nous a fallu plus d’un an pour synthétiser des informations qui permettront au lecteur de découvrir en quelques minutes qu’il existe mille et une raisons de repenser leur vision du 11-septembre. Comme l’a dit un grillot, « le mensonge peut courir des siècles mais il est rattrapé en quelques secondes ». Gageons que cet ouvrage soit un sujet de réflexions pour érudits et qu’un jour la justice en sorte grandie.
A cet égard, il est intéressant de constater qu’un nombre croissant d’instructions judiciaires visant des suspects dits importants aboutissent à des libérations [3], ou traînent indéfiniment, à l’image de celle du Français Zaccharias Moussaoui, un des nombreux « 20e » pirates rapportés par les médias. M. Moussaoui fut arrêté officiellement pour une infraction de visa mais peut-être simplement pour son attitude suspecte dans une école de pilotage. Peut-être pour cette dernière raison ou pour des raisons plus sombres, il fut incarcéré sans que les policiers locaux ne soient autorisés à fouiller son ordinateur portable et ne fut inculpé que le 11 décembre. Les objets trouvés avec lui, pour peu qu’ils lui aient bien appartenu, sont des documents sur les 747-400 (les avions les plus gros de la série 747 à 767), un manuel pour piloter un petit avion d’épandage (crop-duster) et un CD sur l’application aérienne des pesticides [4]. Quant à l’intéressé, il clame tout haut qu’il ne faisait pas partie de l’opération du 11-septembre, que le FBI aurait pu empêcher cette dernière en arrêtant d’autres suspects également surveillés, mais que le gouvernement en avait besoin comme excuse pour envahir l’Afghanistan. On ne sait d’ailleurs pas tout de ses déclarations car une partie des requêtes (motions) qu’il a formulées restent encore classifiées. L’agent du FBI Colleen Rowley soupçonne également les autorités de n’avoir rien fait pour empêcher les attaques, et s’étonnait, dans un courrier adressé le 26 février 2003 à son chef Robert Mueller, que l’on n’eût toujours pas interrogé MM. Moussaoui et Richard Reid [5] (le converti arrêté pour possession de produits explosifs dans ses chaussures, apparemment sans détonateur). Un an et demi plus tard, rien n’a changé. M. Moussaoui devrait comparaître au début de l’année 2005, mais sans pouvoir appeler à la barre les témoins qu’il souhaitait faire parler.
L’administration Bush retient les informations à un point tel que le New York Times l’a comparé au Kremlin sous Brejnev. Dans le cadre du procès El-Motassadeq en Allemagne, les Etats-Uniens se sont longtemps montrés réticents à transmettre les comptes rendus d’interrogatoires en leur possession ou à autoriser leurs prisonniers à témoigner. Toutefois, le 11 août 2004, ils consentirent à révéler que selon les dires supposés de chefs présumés de l’opération du 11-septembre, le ressortissant marocain n’avait pas été mis dans le secret de la préparation des attentats [6]. Il s’agit là de l’unique exception à leur façon de garder tout sous clef et sous les verrous pour accréditer du mieux qu’ils le peuvent la thèse du complot islamiste. Rien de vrai ne semble pouvoir sortir de la machine judiciaire américaine. Même les avocats de M. Moussaoui lui ont proposé de raconter que le 11-septembre était une opération conjointe de Mohamed Atta et des services irakiens ! Quant aux certitudes statistiques du directeur du FBI sur l’identité des pirates (quinze Saoudiens, deux originaires des Emirats Arabes Unis, un du Liban et un d’Egypte [7]), elles sont contredites par le fait que le FBI cherche encore à confirmer leur identité réelle [8]. Le but semble de pouvoir faire pression sur une Arabie Séoudite qui était de plus en plus tentée de sceller des contrats pétroliers avec d’autres puissances et de réclamer des droits pour le peuple palestinien. Quant aux témoignages des prisonniers Ramzi Binalchibh et Khalid Sheikh Mohammed (ancien étudiant aux Etats-Unis, « n°3 d’Al Qaida », et pion de la CIA ?), les cerveaux et financiers présumés de l’opération, ils ne sont mentionnés qu’allusivement dans les rapports de la commission d’enquête officielle, ce qui permet toutes les manipulations. Il en sera sans doute longtemps ainsi puisque les documents rassemblés par ladite commission seront directement versés aux archives nationales et rendus inaccessibles pour des décennies [9].
D’ailleurs, le pouvoir jugea longtemps inutile toute enquête parlementaire. Une commission du Sénat fut bien créée, mais seulement pour remettre un rapport sur les failles des services de renseignement. Puis, suite aux pressions des familles de victimes, une Commission Nationale sur les Attaques Terroristes fut créée le 27 novembre 2002 après que M. Bush ait exprimé son accord le 20 septembre 2002 (à titre de comparaison, il avait suffi de onze jours après l’attaque de Pearl Harbor pour que se mette en place la commission Roberts). Ce n’était pourtant pas la fin des griefs. La commission ne disposa que d’un budget minimaliste de trois millions de dollars et fut contrôlée par de roués politiciens représentant toutes sortes d’intérêts particuliers. Ainsi, Henry Kissinger, nommé pour la présider, refusa de révéler le nom des sociétés auxquelles il délivrait des conseils, et dut démissionner au bout de deux semaines. Il fut remplacé par Thomas Kean, ancien directeur de la société Hess ayant partie liée avec la société Delta Oil dont un directeur est soupçonné de financer « le terrorisme ». Placer M. Kean à la tête de la commission permettait de jeter un voile sur la question du financement possible des terroristes par l’Arabie Séoudite et d’éviter de compromettre des affaires qui tournaient. Des familles de victimes demandèrent la démission d’un autre membre de la commission, Philip Zelikow, trop proche de Condoleeza Rice. Mais c’est un autre membre qui fut remercié : le vétéran et invalide de guerre Max Cleland, courroucé par les intrusions de la Maison Blanche et par son manque de volonté à ouvrir certains dossiers. Des familles avaient également réclamé la présence du sénateur Warren Rudman, en vain. Enfin, le représentant George Mitchell démissionna assez tôt de la vice présidence, vraisemblablement convaincu du caractère factice de cette commission. A posteriori, les autres commissionnaires paraissent en effet avoir été nommés pour jouer le rôle de factionnaires juchés sur le mur impénétrable du secret. Ainsi, de hauts responsables politiques ou militaires furent ménagés et purent rester évasifs sur les moments où ils furent avertis des détournements et donnèrent l’ordre d’abattre les avions menaçants. Pour autant, la Conseillère Nationale pour la Sécurité, Condoleezza Rice, refusa longtemps de témoigner devant cette commission, sachant sans doute depuis le Watergate et l’affaire des Contras que mentir devant une commission est chose plus risquée que de commettre les crimes étudiés par ladite commission. Quant au président Bush, s’il a fini par être invité à parler, ce fut flanqué de son vice président, l’ancien secrétaire à la Défense Dick Cheney, et sans avoir à prêter serment de dire la vérité, tandis que les rapporteurs étaient astreints, de leur côté, à ne prendre aucune note. Au bout du compte, on ne compte plus les questions qui furent éludées lors des auditions, comme celle, lancée deux fois par Nicholas Levis de http://911truth.org, des exercices militaires organisés le 11 septembre.
En juillet 2004, la Commission Nationale rendit son rapport final fondé sur des sources étatiques, The 9/11 Commission Report, que nous nommerons « rapport Kean/Hamilton ». Sur la question des simulations de guerre, ledit rapport se contenta de reprendre, dans les notes de fin, les propos de Ralph Eberhart, le chef de la défense aérienne, pour qui les exercices avaient aidé à une meilleure réaction aux événements réels, une fois qu’ils étaient apparus pour ce qu’ils étaient, au bout de trente secondes seulement. Nous verrons qu’il est permis d’en douter et de considérer que ces exercices, s’ils ont eu lieu, avaient été délibérément planifiés pour distraire les forces de la défense, les désarmer ou les empêcher d’intervenir par un ordre de non interception. D’autres exemples illustreront le fait que le rapport officiel ne saurait ravir que les cabots friands du premier os venu (à chercher sur http://www.9-11commission.gov). Mais le plus significatif est que les noms des incompétents de la défense aérienne états-unienne sont tus et que seuls sont pointés du doigt les défauts de structures, l’incompétence générale et un « manque d’imagination ». Il existe pourtant un rapport de l’inspection générale de la C.I.A. de juin 2004 qui prononce les noms des irresponsables, mais il n’a pas été remis au Congrès et est toujours interdit à la divulgation par le nouveau directeur de la C.I.A. Porter Goss [10]. Résultat : personne n’a encore été relevé de ses fonctions. Et, pour emboîter le pas, aucun carriériste de la grande presse ne réclame de comptes.
Les autres enquêtes nationales ne sont pas forcément du même acabit. Les expertises techniques sur le World Trade Center réalisées par le N.I.S.T., un institut sur les normes industrielles (http://wtc.nist.gov) ou par la F.E.M.A. (http://fema.gov/library/wtcstudy.shtm), un organisme de prise en charge des situations d’urgence dirigé par un proche du président Bush depuis février 2002, Joe Allbaugh, ont quelquefois l’honnêteté d’admettre qu’elles ne sont pas parvenues à résoudre toutes les questions. Comment donc empêcher des tours modernes de s’effondrer dans les mêmes circonstances que le 11 septembre ? Les industriels et les assureurs devraient tout de même être rapidement mis au courant... Et pourtant, ce n’est qu’en août 2002 que le N.I.S.T., un institut lié à l’industrie comme à la sécurité nationale, commença son travail. Le rapport final de ses experts est prévu pour décembre 2004 ou janvier 2005. Sera-t-il plus probant que les communiqués quelque peu contradictoires qu’il a déjà publié sur internet [11] ? Certaines poursuites judiciaires menées au nom des familles de victimes, comme celles d’Ellen Mariani ou de l’ancien conseiller de Bob Dole, le procureur Stanley Hilton (http://suetheterrorists.net), finiront-elles par aboutir malgré les tentatives de corruption et de blocage ? En attendant, une explication officielle cohérente du pourquoi et du comment se fait toujours attendre, faute d’ouverture des dossiers, et surtout, faute de débat dépassionné et dépolitisé entre gens intéressés par la seule vérité.
Les détenteurs du pouvoir médiatique et politique ne paraissent se distinguer des militaires que par cette tendance : plus ils sont nombreux à appartenir à un corps, plus ils avancent à pas feutrés... C’est à se demander si en matière de politique, la différence entre l’amateur épris d’idéal et le professionnel de la communication publique n’est pas la même qu’entre l’amante et la prostituée.
Comprendre, du seul point de vue politique, qui pouvait être derrière ces attentats est une opération compliquée. L’administration Bush avait certainement intérêt à laisser l’irréparable se produire. Quant aux partisans de Ben Laden, même si son rôle de financier a été récemment révisé [12], on a pu voir qu’ils ne désapprouvaient pas complètement les attaques. Les uns et les autres pouvaient y trouver leur intérêt. Faut-il aller jusqu’à voir en eux deux parfaits complices ? Le cheikh aurait-il gardé des relations avec la CIA (selon une source française, en juillet 2001, l’agent Larry Mitchell lui aurait rendu visite à l’hôpital de Dubaï, ce que M. Ben Laden a nié en novembre 2001) ? Y a-t-il une raison obscure au fait que les Etats-uniens n’ont toujours pas arrêté leur ennemi public numéro un ? Notre avis est qu’il n’est pas nécessairement besoin d’y voir le signe d’un partenariat. Car si les Etats-Unis ne l’ont arrêté ni au Soudan en 1998, ni à Dubaï en 2001, ni en Afghanistan, s’ils ont laissé filer le mollah Omar, et s’ils prétendent toujours, en septembre 2004, qu’un quart des dirigeants d’ « Al-Qaïda » sont toujours vivants, c’est que la croyance que ces personnes sont en liberté a servi et continue de servir indirectement leurs intérêts économiques et de permettre de mener sans fin une prétendue guerre « contre le terrorisme », prétexte commode au vandalisme de meurtriers prenant la planète pour leur chasse gardée. Il est par ailleurs tout à fait possible que M. Ben Laden, malgré ce qu’on croit être sa réapparition en octobre 2004, soit mort au mois de décembre 2001 environ un mois après le début du siège des montagnes de Tora Bora le 16 novembre 2001, lorsque furent testées des bombes « thermobariques ». Des gens se demandent certes s’il se cachait dans ces caves construites de 1969 à 1986 à la fois par son père, par les services pakistanais et saoudiens avec l’aide de la CIA, laquelle devait bien en avoir conservé les plans. Mais peut-être a-t-il disparu de la circulation au cours des offensives suivantes, en janvier 2002 à Zhawar Kili ? D’autres soulignent la façon suspecte dont les Américains ont géré toutes ces opérations en confiant les manœuvres à des Afghans, en négligeant des informations, et en bombardant sans encercler la zone [13]. Mais il n’est pas impossible qu’il ait néanmoins été retardé dans sa fuite… On voit là les méandres des débats qui ont trait aux alliances et aux oppositions politiques. Qu’en est-il maintenant des approches matérialistes ?
En
France, l’équipe de Thierry Meyssan concluait,
dans L’Effroyable imposture, à partir de photos assez
imprécises, qu’aucun avion ne s’était écrasé sur le Pentagone. Ces recherches
furent copieusement insultées par la presse, et n’ont donné lieu, en guise de
réponse frontale, qu’au travail de Guillaume Dasquié et Jean Guisnel intitulé L’Effroyable
mensonge. Ces
auteurs, peu avares en expressions acrimonieuses à l’encontre des positions de
leur adversaire (foutaises, carabistouilles, glomérules), avançaient qu’un
avion de type Boeing 757 avait percuté le milieu de la façade du bâtiment, voire
le toit. Or les photos disponibles depuis montrent que la façade a été percée
au niveau du rez-de-chaussée. Peu de temps après, dans Le Pentagate (juin 2002,
Ed. Carnot), M. Meyssan a affiné ses recherches sur la destruction du
Pentagone avec l’aide du commandant Pierre-Henri Bunel. Cet ouvrage, librement disponible sur internet
à http://pentagate.info, développait la thèse
que l’explosion visible sur une caméra de sécurité du Pentagone, ainsi que les
traces de destruction et certains témoignages, apportaient du poids à
l’hypothèse d’une frappe par un missile de croisière. Fin du débat médiatique en
France pendant plus de deux ans... Pour prendre connaissance de la controverse qu’ont
alimentée ces images, et des discussions en cours sur le reste de l’histoire
officielle, il fallait lire des livres anglais ou allemands, ou surfer sur le
net. Au mois de septembre 2004, avec La face cachée du 11 septembre 2001,
Eric Laurent brisa le silence médiatique en explorant
quelques « angles morts » : spéculation boursière suspecte, absence
d’interception des avions, identité trouble des pirates,
fausse traduction et fausse datation d’une cassette vidéo de M. Ben Laden brandie comme une pièce à conviction, etc.
Aux Etats-Unis, la sortie, en mars 2004, de The New Pearl Harbor -Disturbing Questions About the Bush Administration and 9/11, a marqué un cap dans certains esprits. Cette synthèse des éléments les plus troublants de l’histoire officielle et des critiques matérialistes que lui ont opposées Thierry Meyssan, Paul Thompson, Eric Hufschmid, Nafeez Ahmed, Michel Chossudovsky, Gerard Holmgren, Illarion Bykov et Jared Israel, a été écrite par un théologien, David Ray Griffin. L’ouvrage a été préfacé par l’ancien opposant à la guerre du Vietnam Richard Falk, et a été salué par l’historien renommé Howard Zinn, l’analyste Marcus Raskin de l’Institute for Policy Studies (un organisme que certains estiment financé à l’origine par l’élite américaine), la féministe Rosemary Radford Ruether, et l’ancien ministre anglais de l’environnement Michael Meacher, etc. Si l’ouvrage n’assimile ni ne vérifie suffisamment les sources critiques pour en tirer du nouveau, il a suscité une réaction et a provoqué quelques vaguelettes dans les milieux états-uniens de gauche qui dialoguent avec le pouvoir. Amy Goodman, l’animatrice d’une émission radio célèbre, Democracy Now, the war and peace report, finit par accueillir l’auteur au terme d’une campagne de plusieurs mois menée par des auditeurs [14]. La forme choisie fut celle d’un débat avec Chip Berlet, de l’association Political Research Associates (financée par la fondation Ford). M. Berlet publia, sur le site www.publiceye.org, un compte-rendu de l’ouvrage de Griffin que l’on peut juger très simpliste, hautain et truffé d’attaques minimes et d’erreurs de lecture. Il a cependant eu la courtoisie de publier la réponse de ce dernier sur le même site (voir Response to Chip Berlet’s Review of the New Pearl Harbor [15]). M. Berlet semble avoir été connu, dans les affaires du 11 septembre, pour avoir été cité par le magazine juif Forward au sujet des Israéliens arrêtés puis extradés pour une question de visa autour du 11 septembre 2001. Il avait expliqué que ce motif d’extradition constituait le type de couverture habituel lorsqu’il fallait renvoyer des espions appartenant à un pays allié [16]. M. Berlet a-t-il eu besoin, après cela, de sauvegarder sa réputation ? Quant aux motivations de M. Griffin, elles furent débattues sur le site http://angieon911.com où une réponse de sa part a également été publiée [17]. A l’issue de ses recherches, M. Griffin estime qu’il existe des éléments attestant de la complicité d’une partie au moins de son gouvernement dans l’enchaînement des événements du 11-septembre, selon des niveaux qui peuvent être variables. C’est ce qu’il appelle en langage juridique une prima facie case [18], c’est-à-dire des preuves de culpabilité qui semblent suffisantes tant que les enquêtes ultérieures n’en démontrent pas l’inanité.
Cependant, l’écho de son utile travail de synthèse reste quasiment nul dans le milieu des journalistes de la grande presse écrite, à voir les occurrences du nom « David (Ray) Griffin » dans le moteur de recherche http://news.google.com. Le journal The Nation ne l’a évoqué que le 27 septembre 2004, à travers la plume de l’ancien agent de la CIA Robert Baer, qui explique simplement que si le complot émanait du haut du gouvernement, on l’aurait su très tôt [19]. Quant au Washington Post du 7 octobre 2004, qui fait un sort à la façon dont les théories conspirationnistes font florès sur internet, il le cite sur le manque de photos d’avions au Pentagone de même qu’il cite le membre de la commission officielle Philip Zelikow confirmant qu’il n’existe nulle photo conservée quelque part qui aurait une chance de mettre un terme à ces théories [20]…
Les professionnels de l’information ne s’intéressent guère plus aux nombreuses questions des malheureuses familles de victimes (voir la rubrique « Unanswered Questions » de http://911independentcommission.org). Et la grande presse n’a presque pas couvert les auditions du Sénat qui ont débuté le 4 juin 2002 [21]. Celle-ci a choisi de recycler la théorie conspirationniste officielle et de couvrir aussi platement que possible les auditions entre hommes de pouvoir de bonne compagnie de la commission Kean/Hamilton.
Les carriéristes de la presse et du congrès états-uniens n’ont donc pas encore répondu à l’appel de David Griffin en faveur d’un travail d’enquête ambitieux mené à la hauteur de leurs moyens. David Griffin vient de publier un ouvrage critiquant le rapport Kean/Hamilton/Zelikow. Pour l’heure, seuls les cyber-journalistes ou ce que Griffin appelle les révisionnistes ont recoupé le plus de sources médiatiques. Et les sceptiques ont, à notre connaissance, regroupé plus d’informations que les conformistes. Ainsi, la « chronologie complète » réalisée par Paul Thompson (Complete Timeline, constamment remise à jour sur http://cooperativeresearch.org, et enfin publiée sur papier en septembre 2004 sous le titre The Terror Timeline) est de plus grande valeur que celle consacrée uniquement aux occupations des « pirates de l’air » réalisée par un membre du forum conservateur Freerepublic (Annotated Timeline of the 9/11 Hijackers for Researchers, 13 mai 2002 [22]). Sans doute les premiers doivent-ils se montrer particulièrement méticuleux pour se faire entendre tandis que les seconds n’ont pas encore éprouvé la nécessité de répondre en détail à leurs critiques.
Nous prendrons en compte les arguments des deux courants tout en suivant un plan qui se situe par rapport au scénario officiel. La première partie tentera d’évaluer les preuves produites par l’élite médiatique et les autorités, la deuxième d’expliquer les coïncidences que suppose tacitement la version officielle, et la troisième de révéler les trous qui l’émaillent et qui sont plus béants que les cratères de « Ground Zero [23] ».
Nous espérons que les informations puisées aux sources anglo-saxonnes seront prises en compte par le public français, et, peut-être dans un an, par les intellectuels publics. Dans un an, peut-être ? « Il faut une bonne année pour que çà mûrisse…que chacun aye dit son fort mot, éjecté sa bile, bien propagé sa petite connerie, dégorgé… Puis le silence… », disait Louis-Ferdinand Céline [24]… Ce silence, ce fut celui de la grande presse, une fois achevée son œuvre de déchaînement contre Thierry Meyssan. Et ce silence, ce fut aussi celui du Réseau Voltaire, une fois accompli son objectif de populariser l’idée que seul un missile avait pu frapper le Pentagone. M. Meyssan fit également régner le silence dans un amphithéâtre de l’université Jussieu lorsqu’il annonça avoir été menacé de mort s’il venait parler. Pour toutes ces raisons, le débat se poursuivit en privé, via internet, entre esprits indépendants et avides de connaissances. Mais, comme nous l’avons vu avec le livre d’Eric Laurent, des signes montrent que le vent commence à tourner. Le syndrome de Stockholm devant l’hyperpuissance terroriste et la frilosité à étudier simplement les faits sans craindre de finir forcément dans le camp des théoriciens du complot et de risquer d’être victime d’un assassinat politique ne sont plus aussi généralisés.
Les crimes du 11 septembre 2001 ne peuvent rester impunis. Si ceux qui y ont pris réellement part ne sont pas confondus, le risque est grand de voir des attaques de même ampleur se reproduire à l’avenir. Pour le moment, il n’existe pas de coupables condamnés en bonne et due forme par la justice états-unienne. De plus, aucun haut responsable de la sécurité du territoire états-unien n’a été sanctionné pour son incompétence. Or, étant donné les bénéfices qu’ont pu tirer de ces attentats un certain nombre d’hommes de pouvoir, ces derniers risquent d’être de plus en plus nombreux à ne plus exclure d’en laisser se produire, voire, tout simplement, d’en fabriquer, en manipulant, au besoin, quelques suspects idéaux. Bien entendu, il n’y a rien de nouveau à cela. Rappelons que les attentats de New York de février 1993, imputés à des islamistes, semblent avoir été manipulés par le FBI [25] (ce qui tombait à pic après la fin de la guerre froide). Rappelons encore que selon l’agent du MI5 David Shayler, en 1994, les services secrets londoniens ont laissé se commettre les attentats contre l’ambassade d’Israël et les quartiers de la fédération sioniste, lesquels furent imputés à deux Palestiniens. Un collègue de M. Shayler pensait pour sa part qu’ils avaient été arrangés par les Israéliens afin, soi-disant, que la sécurité des lieux soit renforcée [26] ! Après 2001, les coups tordus semblent se multiplier. Cela doit arriver par vagues. En Europe, les nouvelles pistes d’enquêtes sur les attentats de Madrid du 11 mars 2004, s’orientent de plus en plus vers des membres (manipulés ?) de la police ayant manipulé à leur insu ou avec de l’argent de petits trafiquants [27]. Rappelons que ces attentats firent près de cent quatre-vingt onze tués et des milliers de blessés « 911 » jours après le 11 septembre et trois jours avant des élections pour lesquelles les sondages prédisaient la perte de la majorité absolue au parti de M. Aznar [28]. En Turquie, les attentats aux voitures piégées des 15 et 20 novembre 2003 (cinquante morts, cinq cent quinze blessés) à proximité de deux synagogues, d’une aile du consulat britannique en rénovation et du siège de la banque britannique HSBC, paraissent suspects [29]. Le 3 janvier 2004, les raisons du crash du Boeing 737 de la compagnie Flash Airlines parti de Charm El-Cheikh avec à son bord cent trente-trois Français ne sont toujours pas éclaircies [30]. En Irak, en août 2004, la vague d’attentats « suicides » contre des églises paraît extrêmement coûteuse et surtout absurde dans le contexte du combat de la résistance contre les forces occupantes. Et puis, sait-on réellement qui était derrière les attentats à la bombe à Djerba le 11 avril 2002 (une vingtaine de morts dont quatorze touristes allemands près d’une synagogue), à la voiture piégée contre un autobus à Karachi le 8 mai 2002 (quatorze morts dont onze Français de la direction des constructions navales), avec deux voitures piégées à Bali le 12 octobre 2002 (quatre-vingt huit Australiens sur deux cents deux victimes), à Casablanca contre la maison de l’Espagne le 16 mai 2003 (quarante cinq morts dont quatre Espagnols), à la voiture piégée à Riyad les 12 mai et 8 novembre 2003 (cinquante-deux morts au total, dont neuf Etats-uniens), devant un hôtel ou dans les caves de l’hôtel états-unien Marriott de Djakarta le 5 août 2003 (treize morts), en Russie en août/septembre 2004 dans un métro de Moscou, dans le ciel russe et dans une école d’Ossétie du Nord (où la nationalité des terroristes n’avait pas été clairement identifiée une semaine après), à Djakarta le 9 septembre 2004 devant l’ambassade australienne (neuf victimes, toutes indonésiennes) [31]? Dans plusieurs de ces pays, les suspects ont fini par être libérés et réhabilités – et, bizarrement, en septembre 2004, un indonésien condamné à la prison à vie, Ali Imron, a été vu boire un pot avec le Brigadier Général Gores et quelques gardes, dans deux cafés d’un coin huppé de Jakarta, chose « assez normale » aux dires mêmes du prisonnier... [32]. N’étaient-ils donc que des suspects idéaux, condamnés à l’avance par l’idéologie dominante, ou n’étaient-ils que des collaborateurs de services secrets ? On nous rétorquera que si aucun coupable n’est condamné dans le cadre des attaques du 11-septembre, c’est que les vrais auteurs du crime ont péri dans les avions et n’avaient pas de complices. Mais la mort de suspects idéaux n’est pas non plus une preuve de leur intention de devenir martyrs. Il peut être extrêmement facile de faire passer un musulman en auteur d’attentat suicide : on lui dit d’embarquer dans un avion, de se tenir debout prêt d’une voiture piégée, ces véhicules sont détruits, puis l’on envoie une revendication islamiste fabriquée sur internet, « information » immédiatement reprise en chœur par les médias de masse. En vérité, combien de personnes seraient prêtes à se suicider pour leur cause, surtout si cela implique de tuer d’autres musulmans ou des touristes plutôt que des militaires ou des colons ? Car, regardons du côté des victimes : pourquoi diable si peu d’Etats-uniens ont-ils été tués avant et après le 11 septembre 2001 par l’Armée Islamique pour la Libération des Lieux Saints (qui est le nom du groupe d’activistes entourant M. Ben Laden, lequel ne parle jamais au nom d’ « Al-Qaïda », une simple référence, dans certains textes, à la « base » de données de l’Organisation de la Conférence Islamique créée en 1969 [33]) ? Les Yankees ne sont-ils pas les ennemis numéro un des résistants dits islamistes ? En 1998, sur les onze morts de l’ambassade de Dar es Salam, on ne comptait aucun ressortissant des Etats-Unis, et à Nairobi, l’attaque à l’arrière de l’ambassade n’en tua que douze sur deux cents victimes (en fait, le repérage avait été effectué par un possible agent des Etats-Unis, Ali Mohammed [34]). Il y eut certes l’explosion du navire de guerre USS Cole, mais elle n’aurait pas été filmée par les fidèles de M. Ben Laden, car, nous avancent des officiels US, l’homme chargé de filmer l’opération s’était endormi [35] ! Ce n’est qu’en mai 2003, à Riyad, en Arabie Séoudite, que le ratio morts Etats-uniens/total des victimes commença à signifier quelque chose politiquement : une dizaine sur trente-cinq tués dans un quartier habité par des Occidentaux. Et encore… Par ailleurs, assez curieusement, le journal Al Ahram Weekly se demandait si les islamistes avaient des relais dans l’appareil de sécurité du royaume puisque le nouveau chef du groupe « Al Qaïda » dans la péninsule arabique serait Saleh al-Oufi, un ancien policier vétéran de la guerre d’Afghanistan. Et si c’était l’inverse, la police qui manipulerait des extrémistes ? Enfin, des questions se font de plus en plus insistantes : « Pourquoi Al-Qaida attendrait-il pour agir ? ». Pourquoi « aucun membre d’Al Qaida n’a agi sur le territoire israélo-palestinien » [36], alors qu’en octobre 2001, M. Ben Laden disait que, puisque le peuple états-unien n’était que l’esclave des Juifs, « la punition [devrait] toucher Israël », et alors qu’en avril 2002, la « mouvance » aurait mis pour la première fois l’accent sur les cibles israéliennes dans un communiqué publié après les attentats de Djerba [37]? Danny Rubinstein, du journal israélien Haaretz, se pose aussi la question le 6 septembre 2004, et pense qu’ « Al Qaïda », qui est de tendance wahabite saoudienne et tue d’autres musulmans (saoudiens) n’a simplement pas les mêmes affinités idéologiques que le Hamas, inspiré des Frères Musulmans égyptiens [38]…
Tout ceci tend donne à penser que la véritable Armée Islamique pour la Libération des Lieux Saints (comme se réfèrent eux-mêmes [39] les proches de M. Ben Laden) est finalement très diplomate, tandis que ceux qui commettent des actes aussitôt imputés à « Al Qaïda » servent visiblement les intérêts états-uniens en agissant dans des terres convoitées pour leurs richesses ou leur emplacement stratégique (Tchétchénie, Balkans, Afghanistan). Il semble donc assez peu approprié de désigner l’organisation de cette expression effrayante : « Front Islamique Mondial pour le Djihad contre les Juifs et les Croisés » (expression favorisée par le médiatique spécialiste de la dénonciation de Ben Laden, Rohan Gunaratna, qui n’hésite pas à affirmer qu’« Al Qaïda » « nie sa propre existence pour rester dans l’ombre », ce que l’on peut concevoir, mais laisse aussi « planer le doute sur ses véritables motivations », et « ne revendiquait jamais ses opérations » dans les années quatre-vingt dix, ce qui paraît aberrant) [40].
Plutôt que de capituler intellectuellement devant les réflexes patriotiques et émotionnels, ou les manies anti-conspirationnistes ou conspirationnistes que le 11-septembre ont suscités, passer ces événements au crible d’une raison critique également sensible à la douleur des victimes et attentive aux productions des agences gouvernementales, peut servir d’antidote à notre monde dont les dirigeants suivent la pente répugnante du militarisme et ne feignent même plus une attitude civilisée (les armes de destruction massive n’étaient, selon le n°2 du Pentagone Paul Wolfowitz, qu’une justification bureaucratique à l’invasion de l’Irak). Ce faisant, l’arrogance des uns alimente l’extrémisme des autres et inversement, sans fin, ce mécanisme finissant par arranger les affaires des grandes puissances militaires qui y trouvent un prétexte à étendre leur puissance. La vigilance ne peut qu’être de mise lorsque Benjamin Netanyahu se réjouit dès le 11 septembre de ce que le résultat des attentats serait « très bon » pour les relations israélo-états-unienne [41], ou lorsque Ehud Barak explique le même jour à la BBC qu’il est grandement temps de « lancer une guerre concrète opérationnelle contre la terreur », de « répondre aux menaces d’Etats voyous comme l’Iran, l’Irak et la Libye » et d’agir contre cinq ou six pays qui abritent les terroristes [42], ou encore lorsque le foudre de guerre Donald Rumsfeld reconnaît que le 11-septembre était une « bénédiction déguisée » [43] et exploite le choc national en rappelant avoir prédit le matin du 11 septembre « qu’il se produirait dans le monde dans les deux, quatre, six, huit, dix, douze prochains mois, un événement suffisamment choquant qui rappellerait une nouvelle fois aux gens à quel point il importe d’avoir un ministère de la Défense fort et sain qui contribue… qui donne son soutien à la paix et à la stabilité dans notre monde » [44].
Or, c’est l’exact inverse qui s’est produit. La coalition américano-britannique a répandu la mort, la terreur et le chaos en Irak et en Afghanistan et continue de déstabiliser ces pays et de diviser la population. Les Etats-Unis ont renversé avec plus ou moins de succès des gouvernements élus qui leur déplaisaient (Géorgie, Haïti, Vénézuela, etc.) et ont étendu leur emprise économique et leur injustice sociale.
Les attaques du 11 septembre ont fourni l’excuse principale aux va-t-en-guerre états-uniens pour se retirer, le 11 décembre 2001, du traité anti-missiles balistiques (ABM) signé en 1972 (chose déjà discutée au moins à la fin du mois d’août, un mois après que les Etats-Unis ait rejeté le protocole sur les armes bactériologiques le 25 juillet [45]). Elles ont permis de faire voter au Congrès un crédit pour la lutte anti-terroriste de quarante milliards de dollars, ainsi que des crédits destinés à mener des guerres programmées à l’avance (en décembre 2000 pour octobre 2001 contre l’Afghanistan, et depuis des années contre l’Irak). Pourquoi ces pays qui ne menaçaient personne furent-ils bombardés ? Pour leur forte odeur de pétrole, de gaz et de puissance ? Pour mettre la main sur le robinet du pétrole et devenir, dans peu de temps, le maître du monde économique ? Pour remplir les caisses des vendeurs d’armes, des fabricants et exploiteurs de pipelines et de gazoducs (Unocal, Halliburton, Enron), des producteurs de pétrole (grâce à l’augmentation de son prix), des trafiquants de drogues (derrière le besoin de financer une guerre) ? Ne fallait-il pas sauver aussi, à long terme, l’hégémonie du pétrodollar face à l’apparition d’un pétroeuro ? Installer les premières bases US en Asie Centrale comme l’entendait Zbigniew Brezinski ? Renforcer la diplomatie de la canonnière envers les autres pays producteurs d’hydrocarbures ? Répondre au désir de l’élite israélienne de redessiner le Moyen-Orient ? Construire un pipeline de Kirkuk à Haïfa et créer à terme de petits colonies israéliennes tout autour, etc. ? Y a-t-il parmi toutes ces raisons une seule raison spirituelle ? Faut-il s’en étonner ?
La documentation ne manque pas sur les plans qui annonçaient la politique américaine de l’après 11-septembre. Dès 1996, un rapport avait été rédigé à l’attention du gouvernement israélien de M. Netanyahu par un groupe de l’I.A.S.P.S. comprenant notamment [46] Richard Perle (futur conseiller belliciste pro-israélien au Pentagone et directeur de Hollinger Inc., troisième groupe de presse au monde derrière ceux de Gannett et Murdoch, un groupe qui possède plus de quatre cents journaux dont le Daily Telegraph et le Jerusalem Post), Douglas J. Feith (futur adjoint au secrétaire à la défense), et David Wurmser (futur conseiller de John Bolton aux Affaires Etrangères et dont la femme dirige l’agence de propagande israélienne MEMRI). Ce document, Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm (« Rupture décisive : une nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume »), préconisait un remodelage du Moyen-Orient et un changement de pouvoir en Irak d’abord puis en Syrie, en Iran, etc. C’est exactement la politique qui se profile en ce moment… Une guerre unilatérale contre l’Irak avait été explicitement réclamée en 1998 dans une lettre adressée au président Clinton par dix-huit membres d’une association d’affairistes, le Project for a New American Century (P.N.A.C.). Parmi les signataires figuraient de futurs membres de l’administration Bush : Donald Rumsfeld (n°1 du Pentagone), Paul Wolfowitz (n°2 du Pentagone depuis l’an 2000), Richard Ermitage, John Bolton, Zalmay Khalilzad et Richard Perle [47]. En 1997, dans Le Grand Echiquier, Zbigniew Brezinski estimait que pour garantir le contrôle de l’Asie Centrale et de ses vastes réserves de pétrole, un consensus devait être obtenu sur les questions extérieures, une chose difficile à obtenir sans « une menace extérieure directe ». Et dans un autre passage du livre, l’ancien conseiller à la sécurité nationale rappelait que l’attaque de Pearl Harbor avait rendu possible la participation des Etats-Unis à la Seconde Guerre Mondiale. En l’an 2000, une faction de va-t-en-guerre du même P.N.A.C., Rumsfeld, Wolfowitz, Dick Cheney, Jeb Bush, Lewis Libby, Dov Zakheim, etc., non encore investis de leurs pouvoirs actuels, avaient échafaudé un plan de prise de contrôle militaire du pétrole du Golfe Persique, de renversement des régimes irakien, syrien, iranien, libyen, chinois et nord-coréen, et un plan de reconstruction des armées, Rebuilding America’s Defenses [48], dans lequel il était précisé à la page 51 que le processus de changement d’armement serait long « s’il n’y avait une sorte d’événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ». Peut-être n’avaient-ils pas encore prévu de permettre un attentat venu du ciel et n’avaient-ils pas conscience de laisser ainsi une trace patente permettant de comprendre leur logique. Une référence encore plus étrange à Pearl Harbor apparaît dans un rapport de la Commission Rumsfeld remis le 11 janvier 2001 au secrétariat à la Défense : « La question qui se pose est de savoir si les Etats-Unis auront la sagesse d’agir de manière responsable et de réduire au plus vite leur vulnérabilité spatiale. Ou bien si, comme cela a déjà été le cas par le passé, le seul événement capable de galvaniser les énergies de la Nation et de forcer le gouvernement des Etats-Unis à agir, doit être une attaque destructrice contre le pays et sa population, un “Pearl Harbor spatial” »[49]. Des sceptiques ont également relevé qu’une attaque permettrait de privatiser les services militaires à la faveur de Titan Corp., BTG Inc., et BoozAllen [50]. Il semble désormais assez clair qu’un attentat terroriste, qui plus est aérien, et non un simple attentat biologique (comme avec les lettres à l’anthrax), constituait pour certains hauts gradés et grands représentants de l’armement, ce que Thierry Meyssan nomme une « divine surprise » qui leur donna plus de pouvoir et plus de crédits pour un bouclier de défense anti-aérienne. De leur côté les sionistes ont pu convaincre la Maison Blanche de l’urgence à redessiner le Moyen-Orient. Quant aux ex-businessmen qui accaparent les rênes du pouvoir états-unien, ils eurent ainsi eu une excuse pour contrôler le prix du pétrole du Moyen-Orient. Les membres de cette nébuleuse auraient-ils hésité à laisser se commettre les attentats ou à organiser la provocation tant espérée ? Les néo-conservateurs juifs qui dictent la politique de Bush ne sont-ils pas hantés par l’histoire de l’Allemagne nazie et informés des bénéfices qu’Adolf Hitler tira de l’incendie du Reichstag ? N’étaient-ils pas au courant que la technologie existait pour pirater les commandes d’avions en vol ? Dov Zakheim, membre du P.N.A.C. et nommé sous-secrétaire à la défense en février 2001, ne venait-il pas de diriger une société qui avait développé un système de contrôle simultané de huit avions à distance appelé Flight Termination System [51] ? Est-ce un hasard si les premières nouvelles arrivant à la Maison Blanche parlaient de huit avions détournés le 11 septembre (dont quatre venant de l’Océan Atlantique vers où certains auraient été dirigés) ?
A de nombreuses reprises, une attaque minime provoquée ou autorisée par les hauts responsables états-uniens a fini par déclencher l’écrasement prévisible de pays sous armés. L’attaque contre le navire Maine avait permis d’envahir les Philippines et Cuba. L’attaque de Pearl Harbor – 2 575 morts –, provoquée et attendue en haut lieu après qu’un message secret eût été décrypté, avait légitimé la guerre contre le Japon en 1943 [52]. Les déclarations du général McArthur et de Dean Acheson en 1949 et 1950 laissant croire à la Corée du Nord qu’elle pouvait attaquer la Corée du Sud sans encourir de représailles, entraîna l’escalade [53]. L’attaque provoquée contre le destroyer U.S.S. Maddox dans le Golfe du Tonkin, et une deuxième attaque dont il n’est resté nulle trace, avaient conduit au vote des crédits de guerre contre le Nord-Vietnam en août 1964 [54]. Pour ce qui est de la guerre du Golfe de 1990, l’affaire est moins claire : un feu vert à peine voilé avait été donné à une attaque de l’Irak contre le Koweït en août 1990. Et le débat n’est peut-être pas clos sur le fait de savoir si les Etats-uniens se doutaient que l’ensemble du Koweït, et non la seule partie frontalière, allait être envahi pour empêcher le vol de gisements irakiens [55].
Avec le 11-septembre, la provocation aura servi deux fois. Le 7 octobre 2001, les premiers meurtres de vies innocentes à la bombe furent commis sur l’Afghanistan des taliban (d’anciens alliés des Etats-Unis), puis, à partir du 20 mars 2003, sur l’Irak de Saddam Hussein (un ancien allié des Etats-Unis). Un prétexte sous-jacent à l’invasion de l’Irak était que son gouvernement risquait de s’associer, s’il ne l’avait déjà fait, avec des terroristes projetant une nouvelle attaque. On sait grâce à Richard Clarke que dans les jours qui ont suivi la chute des tours jumelles, les « faucons » entourant le président Bush ont immédiatement poussé celui-ci à diriger la puissance de feu états-unienne contre l’Irak. En mai 2002, le Time révélait que M. Rumsfeld avait demandé à dix reprises à la CIA de trouver une raison d’attaquer l’Irak dans le cadre de la lutte anti-terroriste [56]. Et, le 15 juin 2004, deux jours avant que la commission officielle sur le 11-septembre ne mette fin à ses auditions et n’invalide la thèse du lien entre « Al Qaïda » et l’Irak, le vice-président Dick Cheney persistait à dire – sans fournir de détails – que Saddam Hussein était lié à « Al Qaïda », et que l’Irak était un parrain du terrorisme. L’objectif de la propagande des armes de destruction massive – qui alla jusqu’à accuser M. Hussein de vouloir envoyer des drones répandre des armes chimiques sur la côte Est des Etats-Unis – a donc essentiellement consisté à rendre plus terrifiante la menace potentielle d’une conspiration entre Oussama Ben Laden et Saddam Hussein.
A l’avenir, le grand alibi du 11-septembre risque de servir de détonateur à une nouvelle guerre contre tout pays qui se mettrait à déplaire à la Maison Blanche. La « guerre contre le terrorisme » était un thème déjà utilisé par le président Ronald Reagan, conseillé par les mêmes gens que G. W. Bush aujourd’hui, même si elle était limitée à l’Amérique latine. Son caractère illusoire et meurtrier ressort de ce que les actions militaires anti-terroristes frappent beaucoup d’innocents, accroissent la colère des populations visées, et ne résorbent en rien, à l’échelle planétaire, ledit terrorisme. En recourant à des bombardements plutôt qu’à des filatures policières classiques, ne cherche-t-on pas à enclencher une spirale de violence et de course à l’armement nucléaire qui permettra de recycler la menace d’une collusion avec « Al Qaïda » lorsqu’il sera question de renverser le pouvoir en Iran, en Syrie (en janvier 2004, un article d’MSNBC avait déjà tenté d’établir un lien entre ce pouvoir et la « nébuleuse » terroriste [57]), en Arabie Séoudite, ou ailleurs, aux fins d’en dissimuler les vrais buts : contrôler les régions les plus riches du monde en hydrocarbures, et renverser tout pouvoir qui s’élèverait contre une purification ethnique accrue en Palestine ?
Dans de nombreuses régions du globe, les attaques du 11 septembre ont entraîné un regain d’engouement pour la surveillance et l’enfermement policiers ainsi qu’une extension des budgets militaires, qui, en temps de paix, est proprement ridicule, mais peut se comprendre sous la menace des Etats-Unis. A eux seuls, les Etats-Unis dépensent chaque année 500 milliards de dollars pour l’armée, et, détiennent, en juin 2004, près de dix mille prisonniers en dehors de leur territoire. Quels sont les précédents historiques à ce cas de figure ? Quant aux citoyens états-uniens, leur liberté d’expression est progressivement rognée. L’appareil législatif du P.A.T.R.I.O.T. Act a permis au Département de la Justice de mettre au secret des suspects pendant six mois et au FBI de se livrer à des perquisitions à domicile et de se passer de l’avis des magistrats pour rassembler des données personnelles sur les étudiants, les lecteurs de bibliothèques ou les patients des centres de soins. Bien que les amendements 4 et 5 de la Constitution protègent l’anonymat des citoyens honnêtes contre les intrusions abusives de la police, la sécurité nationale autorise des empiètements nouveaux. Au nom du principe de prévention, des citoyens sont inscrits sur des listes de personnes interdites de vol (no-fly lists), à l’instar de Cat Stevens alias Yusuf Islam de l’association Small Acts of Kindness qui fut expulsé du territoire. Et, depuis le 31 octobre, lorsqu’on est mis en détention, il ne semble plus possible de s’entretenir seul avec son avocat sans voir les conversations avec celui-ci enregistrées ou surveillées [58]. Rappelons que le P.A.T.R.I.O.T. Act a été voté quarante-cinq jours après le 11 septembre, et quelques jours après l’affaire mystérieuse des lettres à l’anthrax, au terme de trois semaines de débats. Beaucoup d’observateurs s’accordent donc pour dire que ce texte indigeste avait été préparé à l’avance et que les représentants qui l’ont entériné n’ont pas eu le temps de le lire en détail. Parfois, des dispositions liberticides ont été annulées par le Sénat, comme, en janvier 2003, le Total Information Awareness, mais certaines clauses sont réintroduites à la suite des recommandations de la commission Kean [59], et la bureaucratie engendrée a été maintenue avec des crédits cachés [60]. Enfin, pour ce qui est de l’Europe, les attaques du 11 septembre auraient permis au FBI d’y avoir les mains plus libres [61]. L’intérêt de l’Europe en sort-il grandi lorsque l’on sait les opérations de déstabilisation et d’assassinat opérées par les services secrets états-uniens dans le monde depuis des décennies ?
26
novembre 2004
[1] Rohan Gunaratna, Al-Qaida, Au cœur du premier réseau terroriste
mondial, Autrement, 2002, p.270.
[2] «
[3] En Allemagne, Abdelghani Mzoudi puis Mounir
El-Motassadeq furent libérés. Le premier avait partagé une chambre avec un
dénommé Mohamed Atta et le second
était soupçonné d’avoir tenu un compte en banque utilisé par les terroristes
supposés MM. Atta et Al-Shehhi.
Signalons également les libérations de Maher Aran, Lotfi Raïssi, et Abdallah
Higazy, dans la chambre duquel une radio d’avion avait été frauduleusement
placée par un gardien.
[4] http://911review.org/Wiki/InHisOwnWords.shtml.
« Annotated
Timeline of the 9/11 Hijackers (…) », http://freerepublic.com/focus/news/683026/posts.
[5] http://xymphora.blogspot.com,
[6] www.hrw.org/backgrounder/usa/use1004 citant Mark
Landler, « German 9/11 Retrial Gets Exculpatory Evidence from
[9] http://9-11commission.gov, Staff
Statement n°16, “Outline of the 9/11 Plot”. www.911citizenswatch.org, Citizens’
Critique, p.22.
[10] Robert Scheer,
“The 9/11 Secret in the CIA’s Back Pocket”, http://informationclearinghouse.info/article
7102.htm.
[11] www.nist.gov/public_affairs/releases/wtc_interimfindings.htm,
http://wtc.nist.gov/progress_report_june04/appendixq.pdf, www.nist.gov/public_affairs/releases/wtc_latest_findings_1004.htm.
[12] Voir “Bin Laden’s
wealth not the force behind 9/11”, AP, repris dans The Revisionist
Clarion, n°10, http://aloofhosting.com/revisionistclarion/index.html.
[13] Ewing2001, 911 Encyclopedia,
“ToraBora”, http://news.globalfreepress.com/ewing/911SkepticsUnite.html.
Eric Laurent, La face cachée du 11 septembre, Plon, 2004,
pp.27, 30, 35, 42.
[15] www.publiceye.org/conspire/Post911/dubious_claims.html, www.publiceye.org/conspire/Post911/Griffin1.html.
[18] David Ray Griffin, The New Pearl Harbor, March 2004, p.XXIII (en ligne à http://vancouver.indymedia.org/news/2004/06/141355.php).
[19] “Executive Secrecy : Conspiracy or Failure”, The
Nation, 27/9/2004, www.thenation.com/issue.nhtml?i=20040927 (ou, pour ceux
qui ne sont pas abonnés, à www.agenceglobal.com/Article.asp?id=231). Voir les débats que cela a suscités sur http://portland.indymedia.org/en/2004/09/298457.shtml.
[20] Carol Morello,
« Conspiracy theories flourish on the internet ».
http://inn.globalfreepress.com/modules/news/article.php?storyid=853.
[21] Il existait des retranscriptions sur http://burningbush.netfirms.com ou http://elitegroups.netfirms.com.
[23] Pour le sens de cette expression, voir le lexique en
fin d’ouvrage.
[24] Guignol’s band I et II,
Gallimard, p.10.
[26] Sur Londres, Derek
Jones, Censorship, A World Encyclopedia, 2001, t.1, p.322.
[27] D’abord, un certain Mohamed
Bekkali cria : « je suis innocent ! je suis
innocent ! ». Puis, sur une vingtaine de personnes arrêtées, aucune
n’a encore été inculpée (AFP, 20/8/2004, « un gros poisson arrêté aux
Pays-Bas »). Trois
des suspects arrêtés étaient d’anciens indicateurs. Ils avaient appelé – depuis
une même cabine téléphonique située à proximité d’un commissariat – des
complices et l’officier Manuel Garcia Rodriguez, qui occupait ses fonctions à
Aviles, près de la mine où des explosifs furent dérobés. Carmen Toro, la femme
d’Emilio Suárez Trashorras, l’homme suspecté d’avoir fourni de la dynamite aux
poseurs de bombes, avait en sa possession le nom et le numéro de téléphone
personnel de Juan Jesús Sánchez Manzano, le chef de la brigade explosifs de la
police espagnole, la Tedax. La Tedax avait fait sauter une des bombes
retrouvées, ce que d’aucuns avaient qualifié de destruction de preuves. Enfin,
sept terroristes étaient morts mystérieusement dans leur appartement alors
qu’ils étaient entourés par la police. Puis, quatre mois et demi après les
faits, on apprit que la police avait retrouvé une deuxième camionnette, située
non loin de la première, mais dont elle n’avait pas prêté attention, et qui
contenait justement des traces d’ADN des terroristes. La police se mettait-elle
à fabriquer des preuves ? Alberto Saiz, le chef des services de
renseignements espagnols (le CNI), déclarait que du 11 au 16 mars, ses services
étaient restés à l’écart des investigations de la police sur les attentats, et
qu’en juillet 2004, l’ancien premier ministre Aznar gardait
encore en sa possession des dossiers du CNI. http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/europe/3670627.stm,
http://inn.globalfreepress.com/modules/news/index.php?storytopic=5, http://xymphora.blogspot.com/2004/06/11-m-phone-number.html,
www.expatica.com/source/site_article.asp?subchannel_id=81&story_id=8393
(10 juin), Jean Chalvidant, La manipulation, Madrid 11 mars, pp.159-161.
http://avantgo.thetimes.co.uk/services/avantgo/article/0,1150429,00.html
(21 juin 2004). Pour les déclarations d’Alberto Saiz, Australian News,
[28] Courrier International, n°724, p.16.
[30] Il existe un comité représentant les familles des
victimes animé par Marc Chernet. Voir aussi http://doutefree.ifrance.com/doutefree/fsh604.html.
[31] La liste des attentats et des victimes est tirée des
numéros de septembre 2004 du Monde Diplomatique et de Courrier
International (n°724).
[32] « Cafe Outing
Normal for Bali Bomber »,
« Starbucks trip lands
[33] Pierre-Henri Bunel, Proche-Orient une guerre
mondiale? Les dérives de la finance internationale, Carnot, octobre 2004,
pp.212-213.
[34] http://xymphora.blogspot.com,
23 février 2003.
[35] « Bin Laden praises Sept.11 attacks »,
10/08/2001, Dallas Morning News, http://multimedia.belointeractive.com/attack/binladen/1007binladen.html.
[36] Olivier Roy, « Al-Qaida, label ou organisation
? », Le Monde diplomatique, septembre 2004, p.25.
[37] « The Al-Qa’idah
Group Had Nothing to Do With the 11 Sept. Attacks », 10 octobre 2001 (www.khilafah.com/home/lographics/category.php?DocumentID
=2392&TagID=2). Traduction dans
La Gazette du Golfe et des Banlieues, http://ggb.0catch.com/ggb5.pdf ou Le Spectre
du terrorisme - Déclarations, interviews, témoignages sur Oussama Ben Laden, éditions Sfar, Paris (1 rue Cassini, 75014 Paris),
2001, p.88. Yosri Fouda et Nick
Fielding, Les cerveaux du terrorisme, septembre 2003, Editions du
Rocher, p.219.
[38] “Many Times
Crueler and More Dangerous”, Haaretz,
[39] « War of the
Worlds », The Guardian,
http://books.guardian.co.uk/review/story/0,12084,779530,00.html
[40] R. Gunaratna, Al-Qaida, Au cœur du premier réseau terroriste
mondial, Autrement, 2002, pp.7, 10.
[41] www.cooperativeresearch.net/context.jsp?item=a891101netanyahu, citant le New
York Times,
[42] Joe Vialls, « “Missing”
Pentagon Attack Jet Found At Last!
Flight 77 shown in death dive as Ehud Barak demands attack on
[43] Richard Falk citant une entrevue entre M. Rumsfeld et Jim Lehrer en septembre 2003 (David R.
Griffin, The New Pearl Harbor,
p.IX).
[44] www.cooperativeresearch.org, 9/11 timeline,
“before
[46] Les autres membres étant James Colbert, Charles
Fairbanks Jr., Robert Loewenberg, Meyrav Wurmser, Jonathan Torop (Ewing2001, 911 Encyclopedia, “Feith, Douglas”, http://news.globalfreepress.com/ewing/911SkepticsUnite.html).
[47] Attac, L’Empire de la guerre permanente,
Etats-Unis et mondialisation libérale, avril 2004, p.51. « The
Plan », ABCNews, The Nightline, 5 mars 2003, http://abcnews.go.com/sections/nightline/DailyNews/pnac_030310.html.
[48] http://newamericancentury.org/rebuildingamericasdefenses.pdf
ou www.informationclearinghouse.info/pdf/RebuildingAmericasDefenses.pdf
, p.51.
[49] Report of the Commission to Assess
U.S. National Security Space Management and Organization, www.defenselink.mil/pubs/space20010111.html, ou
Thierry Meyssan, L’effroyable imposture, p.177.
[50] Nico Haupt, « The Lost War
Drill », chap.6-8.
[52] http://911review.org/precedent/century/pearlharbor.html,
citant Kristi Richardson, Mark Fisher, et l’amiral Kimmel. John Tholand, Infamy
:
[53] André Fontaine, Histoire de la guerre froide,
Fayard, 1967, t.II, pp.14-15, cité par Claude Julien dans Le Monde
diplomatique, octobre 1990, p.17.
[54] Pour des documents déclassifiés en 2003, voir www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB132/index.html.
Sinon, Bruce Ramsey, « The Truth About Vietnam, at Last », Liberty, January 2003, pp.50-52, à
propos de Secrets de Daniel Ellsberg,
ancien analyste du « Département de la Défense ». Jim Garrison, JFK,
affaire classée, pp.301-302.
[55] L’ambassadrice américaine en Irak April Glaspie et
les porte-parole Margaret Tutwiler et John Kelly avaient dit une semaine avant
l’invasion du Koweït qu’une intervention de l’Irak laisserait les Etats-Unis
indifférents et ne les obligerait pas à porter secours au Koweït
(« Fauteurs de guerre ? » de Claude Julien, Le Monde
diplomatique, octobre 1990, p.17, citant l’International Herald Tribune,
15-16, et 20 septembre 1990, et Times et Newsweek, 1er
octobre 1990. C’est le New York Times lui-même qui remarquait que Saddam
Hussein « pensa avoir le feu vert des Etats-Unis »). http://globalresearch.ca/articles/FLO305B.html.
Eric Rouleau, ancien diplomate, semble toutefois avoir obtenu « la
confirmation que la CIA avait vu l’afflux des troupes [deux cents mille soldats
irakiens], les avait comptées grâce à ses satellites » (« Ce qui se trame
à la Maison-Blanche », 3/10/2002, http://citoyenfr.lautre.net/article.php3?id_article=90.
[56] Gail Sheey, « Who’s In Charge
Here », 22 juillet 2004.
[58] Thierry Meyssan, L’effroyable imposture, pp.98-99. www.aclu.org/SafeandFree/SafeandFree.cfm?ID=12126&c=207.
[60] Des membres de la D.A.R.P.A. chargés de surveiller
les transactions financières, les relevés téléphoniques, les déplacements et
même les données de santé de tout utilisateur de carte de crédit, arborent
nonchalamment leurs badges en allant au restaurant www.capitolhillblue.com/artman/publish/article_4648.shtml.
[61] En France, avec l’adoption de la loi sur la sécurité
quotidienne et de la loi Perben II, les « fédéraux » ont obtenu
l’assurance de l’irresponsabilité de leurs agents (Meyssan, op.cit,
p.100). Et « La France autorise l’action des services US sur son
territoire », 8 mars 2004, www.reseauvoltaire.net/article12786.html.
bravenet.com